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15 décembre 2011

Ah que je ris de me voir si beau ! - Jean Lorrain

C'est chaque fois un bonheur de trouver dans ma boite aux lettres le catalogue d'un marchand d'autographes. Je le dévore aussitôt avec la gourmandise d'une lectrice de Voici. On y découvre nos grands génies dans leur vie la plus quotidienne : cirages de pompes, demandes d'argent, échanges de bons procédés et, de temps à autres, insultes ou opinions extravagantes. Des manuscrits raturés et des photos aussi. Le tout à des prix en général proportionnels aux confortables retraites des vieux docteurs clients de ce genre de choses.

Aujourd'hui j'ai reçu le catalogue de la librairie Signatures. On y trouve une lettre de Jean Lorrain qui vaut le détour. Elle est adressée à son amie extralucide, la chiromancienne Mme de Thèbes. Nous sommes en 1903 et Lorrain lui décrit avec beaucoup de modestie le portrait que vient de faire de lui le peintre Antonio de la Gandara. "le portrait de Gandara révolutionnera certainement le monde. (Sic !) Il est enfin terminé, ce portrait, vous devez l'aller voir, car il vous intéressera sûrement. Mieux il vous impressionnera. C'est mieux qu'un portrait, c'est une vision, presque un spectre, un fantôme. c'est toute l'âme de M. de Phocas et c'est aussi celle de Jean Lorrain, la main surtout est étonnante, les yeux hallucinants". Sapristi ! Voir le Gandara et mourir... Pour quelques euros on peut aller le contempler au Musée d'Orsay et c'est vrai qu'il fait un peu peur.


Une petite énigme quand même. La lettre est datée du 31 décembre 1903. Or le tableau ci-dessus date de 1898. Lorrain se fichait-il de sa voyante ? Existe-t-il un autre portrait "à la main" ? On connaît bien un deuxième Jean Lorrain signé Gandara mais sans la moindre main. Par contre les yeux, hallucinants ou hallucinés ?

Merci à http://www.lagandara.fr/ pour le scan
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Catalogue n°6 - Décembre 2011
Librairie Signatures
17 rue Jacob - Paris 6e
http://www.librairiesignatures.com/

28 août 2011

Le Comelade automatique

Pascal Comelade n'a jamais fait mystère du peu de goût qu'il a à se donner en spectacle. Donner un concert est pour lui au mieux un effort surhumain qu'il doit à son public, au pire une corvée inutile imposée par sa maison de disques. Il arrive sur scène la mine abattue et accueille les bravos avec gêne. Ça commence à aller mieux quand on le laisse se concentrer sur son mini-piano et on devine son soulagement quand l'attention du public se détourne vers celui de ses acolytes à qui il a demandé de faire le guignol (ces temps-ci Pep Pascual, le Général Acazar il y a quelques années, la bonne bouille de Gérard Meloux pouvant également faire l'affaire).

Enfin, tout cela c'est du passé. Pascal Comelade n'étant pas du genre à se laisser empoisonner la vie, il a mis au point avec l'aide de son compère Christian Laporte une fabuleuse machine qui pourra désormais étancher la soif de live de ses fans sans qu'il ait à quitter son canapé. Imaginez un orchestre tout en ferraille et bouts de tissus commandé par un simple bouton électrique et capable de jouer à l'infini le morceau Stranger in paradigm ! A ma gauche, en Chopin Lee Lewis, le maestro. Au centre, méconnaissable dans sa dégaine de moulin à vent, le Général Alcazar. A droite, le batteur dont je n'ai pas noté le nom mais dont le jeu métronomique n'est pas sans rappeler celui du grand Nick Knox.

Cet engin virtuose se produit actuellement à Sète, au fameux Musée International des Arts Modestes. Pour l'instant il ne sait jouer qu'un seul morceau ce qui, compte tenu des exigences du show business, est peut-être encore un peu court, même pour des premières parties. Enfin, ce n'est de toute façon qu'un début et je vous laisse juger par vous-même du cadeau que Comelade fait à l'industrie du spectacle en visionnant la vidéo ci-dessous réalisée par mes soins (appréciez le mouvement de caméra à 0'12'').





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Rocanrolorama de Pascal Comelade et Christian Laporte
Les territoires de l'Art Modeste
Musée International des Arts Modestes de Sète
Jusqu'au 2 octobre
http://www.miam.org/

25 mars 2011

Le musée invisible de William Burroughs

Les éditions Tristram nous gratifient à nouveau d'une merveille. Le Porte-Lamme (astucieuse traduction de l'impossible "Blade Runner") est un mini-roman de William Burroughs datant de 1979 et qui était, on se demande bien pourquoi, resté inédit en Français. On lit ces pages avec trente ans de retard et pourtant on jurerait qu'elles ont été écrites avant-hier par un Barak Obama sous acides pour défendre sa réforme de la couverture santé.
"Le sujet du film [du roman] est l'avenir de la médecine et du genre humain". Et c'est peu dire qu'il n'est pas rose ! En 2014, New York est devenu une gigantesque Babylone où survivent gangs, soldats du Christ, lépreux et tarés génétiques en tous genres. C'est justement pour éliminer ces derniers que le gouvernement décide d'interdire les médicaments. Mais les américains sont les américains. La prohibition, ils connaissent ! Laboratoires clandestins et cliniques insalubres ne tardent pas à fleurir à chaque coin de rue et, pour les fournir, des gamins comme Billy arpentent le bitume chargés de médicaments interdits. Ce sont les Blade Runners.

Une des bonnes surprises du roman se trouve page 51 : Burroughs nous y laisse entrevoir son Musée imaginaire. Ou plutôt son musée invisible pour reprendre la formule lancée par Nathaniel Herzberg pour désigner une réunion de tableaux volés. Ce qui est bien le cas ici. La scène se déroule dans le local des porte-lames Billy et Roberts : "Les murs du local sont couverts de peintures, de dessins, de BD et de photos, pour la plupart des oeuvres d'artistes anonymes. Certaines pièces ont été dérobées dans des musées ou des collections privées pendant des évènements : Custer's Last Stand de Paxson, the Swimming Hole d'Eakins, des agrandissements de photos anciennes comme Water Rats et Sterne Reality de Sutcliffe, des photos prises par le baron von Gloeden, des photos de New York au 19e siècle et au début du 20e."

Suivez le guide !

Custer's Last Stand (1899) de Edgar S. Paxson (1852-1919)

On prête au général Custer l'aimable "Un bon indien est un indien mort". En fait on est pas sûr que ce soit lui qui l'ait vraiment dite mais, dans le doute, Sitting Bull et ses troupes l'ont liquidé en 1876 sur le champ de bataille de Little Big Horn. Au fil des pages, Burroughs cite à trois reprises ce tableau.

The Swimming Hole (1884-1885) de Thomas Eakins (1844-1916)

Après l'apocalypse, le paradis perdu. Avec de beaux Adam pas à l'étroit dans leur maillot de bain.

Water Rats et Sterne Reality de Frank Sutcliffe (1853-1941)

Contrairement à Paxton et Eakins qui étaient américains, Francis Meadow Sutcliffe était un photographe anglais. Il existe un site très complet sur son oeuvre. Pour le découvrir, cliquez ici.
Le baron Wilhelm von Gloeden (1856-1931)

Je laisse le soin à Google de vous guider jusqu'aux photos du baron von Gloeden qui n'aimait rien tant que de photographier de jeunes siciliens au pénis bien charnu. J'en mets quand même une petite tout en n'étant pas certain que ce serait celle-là que Burroughs aurait choisi pour son Musée.


Mercure, le Porte-lame

La visite continue page 52 : "Image grandeur nature d'un garçon nu en érection, avec les sandales et le casque ailé du dieu Mercure. Peint dans des tons roses et bleus criards, ce tableau est inséré dans un somptueux cadre doré. Le garçon pose sur fond de villes en flammes à la Jérôme Bosch : Le Porte-lame."

Cette toile existe-t-elle ? A mon avis le plus simple serait de la commander à Pierre et Gilles qui avec un sujet pareil feraient des miracles.

Fin de la visite du musée invisible de William Burroughs. Mais au fait, qu'en ont pensé les porte-lamme ? "Billy et Roberts s'immobilisent devant le tableau et tirent à pile ou face pour savoir qui va faire la cuisine."

A table !

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Le Porte-lame
Blade Runner (A Movie)
William Burroughs
Editions Tristram 2011

23 janvier 2011

Musidora contre les Vampires


Tiens ! Une huile sur panneau signée Musidora a été adjugée à Drouot en octobre. C'est un gentil petit portrait d'une certaine Mademoiselle Suzanne et c'est parti pour 310€. Jugez si c'est une bonne affaire ! Bien sûr, ce n'est pas pour sa peinture que Musidora est passée à la postérité, ceci expliquant sans doute sa faible cote.

On se souvient en général de Musidora comme étant la première vamp du cinéma. En fait de vamp, l'artiste de music hall qu'elle était s'était littéralement faite vampiriser par le personnage d'Irma Vep. C'est Louis Feuillade qui lui donna ce rôle, en pleine première guerre mondiale, dans sa série en douze épisodes  "Les Vampires". Grâce à un collant noir qui moulait ses formes généreuses, des yeux qui roulaient et des exploits criminels en tous genres, Irma Vep était devenue en quelques semaines le fantasme numéro un des français. Par la suite, toutes les tentatives cinématographiques de Musidora pour prendre ses distances d'avec la vamp (en adaptant des romans de Colette ou de Pierre Benoit par exemple) ne rencontreront jamais un succès à la mesure de celui des Vampires. C'était la garce criminelle, entreprenante et sans pudeur, qui faisait rêver les poilus enfermés dans les tranchées, pas l'ambitieuse actrice qui construisait des ponts entre le cinéma et la littérature. La vamp resta accrochée à Musidora bien après que les Vampires eurent disparus des écrans. Quand Breton et Aragon écrivirent en 1929 la pièce Le Trésor des Jésuites, ils eurent beau prétendre l'écrire pour Musidora, c'était bien Irma Vep qu'ils célébraient : "Elle est en maillot noir, lampe électrique à la main". On redemandera ainsi à Musidora du Irma Vep jusqu'à la fin de ses jours. Quelques jours avant sa mort, on pouvait encore la voir dans le journal Détective exhiber à 68 ans le fameux collant noir, le "vrai", celui d'Irma Vep.

L'histoire de Musidora est trop longue pour être racontée sur ce blog. De son combat inégal avec Irma Vep, elle sortira lessivée et ruinée. En 1927, elle tombera dans les bras de son médecin qu'elle présentera aussi comme un ami d'enfance. A lire les dernières pages de son roman autobiographique Paroxysmes, on pencherait plutôt pour un gourou. Toujours est-il que cet homme la sauvera en la ramenant à une vie moins extravagante. Oubliée la vamp. De toute façon, depuis que le cinéma parle, il ne s'intéresse plus à elle. Elle aura un fils à presque 40 ans et consacrera ses moments perdus à l'écriture, au théâtre et à la peinture sans jamais renouer avec le succès.

Revenons au petit portrait qui est le prétexte à ce billet. Il date de 1932. Avec le portrait de son collègue et imprésario Robert Ozanne, c'est le seul exemple de peinture que je connaisse de Musidora. Franchement, sans être révolutionnaires, ces deux huiles montrent quelques qualités. Pour se faire une idée, il faudrait en voir d'autres. Si vous en connaissez, n'hésitez donc pas à me faire signe.

Restons dans le domaine des beaux-arts et signalons l'étrange destin de la maison que Musidora habita avant-guerre à Chatillon-sur-Marne. Cette maison est devenue en 2003 un lieu de création artistique géré par une association nommée... Irmaveplab !!!! Je ne sais pas grand chose des activités du "lab" si ce n'est qu'il semble avoir aujourd'hui déserté la Champagne pour la capitale, devenant au passage Irmavepclub. On peut avoir un aperçu de ses projets en visitant son site Internet.

Les pauvres, ils croyaient se placer sous la protection de la muse, ils se sont jetés dans les griffes de la vamp. On leur souhaite bien du courage...

29 août 2010

Du grand art au grand air - Pontevedra



Je ne suis pas un furieux de Street art. Tous ces gens qui, histoire de "se réapproprier l'espace public", reproduisent à l'infini des calligraphies usées jusqu'à la corde, ça ne me passionne pas. Mais c'est bien dans l'air du temps. Quand les signatures valent plus que les œuvres, graffer son pseudo devient un geste sacrément contemporain.

Voilà dans quel (mauvais) état d'esprit j'étais jusqu'à ce que ma C3 me conduise à Pontevedra, charmante ville située en Galice (Espagne) entre Vigo et St Jacques de Compostelle. Là, en périphérie de la vieille ville, je découvre au hasard des rues des dizaines de fresques réalisées par des graffeurs sachant graffer. Un vrai musée à ciel ouvert. Je n'ai pas identifié leurs auteurs et mes recherches sur internet n'ont rien donné. J'ai juste appris qu'il y avait une école des Beaux Arts à Pontevedra, ceci expliquant peut être cela.

Un petit safari et, en quelques heures, j'ai ramené une cinquantaine de photos dont celles qui illustrent ce billet. Saurez-vous identifier ces artistes ? Avons nous affaire à une école, un groupe structuré ? Editent-ils quelque chose ? (on les imagine bien dans Hopital Brut ou chez CBO). Exposent-ils ailleurs que dans la rue ? Si vous avez des infos je suis preneur. En français, en espagnol, en anglais, je prends tout.







Hasta luego amigos !

6 avril 2010

Un drôle d'oiseau - Chaval

Je me souviens d'un numéro de la revue Bizarre qui traînait dans la bibliothèque de mes parents. J'étais enfant et le vautour sur la couverture m'impressionnait d'autant plus qu'on pouvait lire sur le noir de ses ailes ce jugement définitif : Les oiseaux sont des cons. Je n'ai pas tout de suite été transporté par la beauté minérale du dessin de Chaval. J'étais alors dans ma période Tif et Tondu et le duel sans fin des deux compères avec le machiavélique Choc me paraissait autrement exaltant.

Le temps a passé. L'an dernier, le dénommé Jean-Marie Lhôte a eu la riche idée de publier une indispensable anthologie de la revue Bizarre. Au hasard des pages, j'y retrouve les satanés piafs. Ils n'avaient pas changé. J'apprends que les dessins de mon enfance sont en fait extraits du court métrage éponyme que Chaval avait réalisé en 1964, l'année précédant leur publication dans Bizarre.

(attention : le son ne démarre qu'à 0'36'')


Mon dieu que c'est beau ! Ce trait vertical, ces yeux fatigués qui empêchent de rêver et qui vous rappellent sans cesse qui vous êtes et quelle est votre place. Les dessins les plus frappants sont ceux où les gros becs surgissent de puissantes traînées noires. Comme si, pour exister, les oiseaux devaient s'accrocher à ce qui reste, se contenter des bouts d'espace laissés libres. Le commentaire est grandiose. On devrait l'étudier dans les écoles. Et le lire ! : "Qu'ils sont cons les oiseaux ! Qu'ils sont cons les pauvres petits ! Aussi cons que les hommes disent certains, d'autres affirment qu'ils le sont d'avantage. Mon dieu qu'ils sont cons les oiseaux, qu'ils sont donc cons". Le meilleur pour la fin : "Chante con, chante clair. Chante la joie d'être un con. Chante le bonheur de vivre sans comprendre. Mon faucon, mon beau-frère. Les oiseaux sont des cons". C'est sublime et déprimant comme une poésie de Dominique de Villepin.

Ces jours-ci, nos cons d'oiseaux nous donnent un nouveau rendez-vous à l'atelier André Girard . Cette galerie située à quelques pas du boulevard Montparnasse expose jusqu'au 6 mai une floppée de Chaval (de Chaveaux ?) en provenance directe du grenier d'un neveu. On peut ainsi de procurer un petit Chaval pour décorer son salon mais, attention, c'est peu dire que ce n'est pas donné. Toutes les périodes sont représentées : des dessins potaches des années cinquante jusqu'aux oiseaux de mauvais augure des derniers jours (Chaval s'est suicidé en 68, l'année du Requiem pour un con). Ces derniers occupent quelques cadres. En voici quelques spécimens bien cons.

Pour me faire pardonner ce triste billet, voici deux dessins également exposés qui, à n'en pas douter, amuseront les cons.


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Chaval
Atelier André Girard
7 rue Campagne Première - Paris 14e
Jusqu'au 6 mai.

http://www.atelier.angirard.com/

18 mars 2010

Le jardin des délices - Blanca Li


C'est malin. Maintenant je vois Pierre Molinier partout. Encore hier, il m'a semblé sentir l'esprit du chaman souffler sur la scène du Théâtre 71 de Malakoff. J'y assistais à un spectacle merveilleux : Le jardin des délices de la chorégraphe espagnole Blanca Li. Cette évocation du célébrissime tableau de Jérôme Bosch a été créée au festival de Montpellier en juin. Elle est depuis passée par le théâtre des Champs Elysées et on l'annonce ces jours prochains à Tarbes, Blagnac, Nice et Draguignan pour ne parler que des dates françaises. Ouvrez donc l'oeil.

Je me souviens du spectacle d'ouverture des JO d'Albertville. Déjà à l'époque, Découfflé nous avait servi un petit monde à la Bosch. Des monstres kitchs qui faisaient des roulades pour le plus grand bonheur des fans de patin à glace. Là, il s'agit de tout autre chose. On retrouve bien les personnages de Bosch mais virtuellement, sur la toile de l'écran qui occupe le fond de la scène. Ils sont comme des morts-vivants, des géants flottant hors du temps, indifférents aux tourments de la petite humanité qui s'agite à leurs pieds. Sur la scène, les danseurs enchainent des tableaux, tantôt burlesques, tantôt sombres. C'est dans ces derniers que j'ai cru deviner l'esprit de Molinier bien qu'à ma connaissance Blanca Li n'ait jamais cité ce nom. Pourtant, ces corps solitaires et enchevêtrés qui, par des effets de symétrie, se trouvent démultipliés... Et ces forêts de jambes, ces jarretelles et ces talons aiguilles... Ce noir et blanc... On court tout droit vers le jardin des supplices, non ?






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Le jardin des délices
Spectacle chorégraphique de la Compagnie Blanca Li
http://www.blancali.fr/

2 mars 2010

Pierre Molinier à toutes jambes

Plus que quatre jours pour voir l'exposition Pierre Molinier qui se tient à la galerie Kamel Mennour. Ça devient une habitude. Déjà pour Chomo j'étais juste. Là c'est presque trop tard. Jamais l'expression "prendre ses jambes à son cou" n'a eu plus de sens.

Alors claquez votre porte, dégringolez l'escalier en faisant du bruit. Prenez le premier moyen de locomotion venu, le métro, un taxi ou n'importe quel train à grande vitesse, direction Paris dans le 6e arrondissement. Remontez la rue Saint André des Arts en courant comme si vous veniez de voler un bouquin chez Taschen et que les vigiles étaient à vos trousses. Vous verrez, c'est bon pour le coeur et les poumons. Certains passants seront sans doute tentés de vous ceinturer pour vous livrer à la police. Ils ont tellement envie de faire une bonne action. Mais ils ne feront rien. Pas assez de muscle et ça se voit que vous avez rendez-vous avec le diable. Au numéro 47, un brusque mouvement de torse et vous disparaissez de la voie publique, à droite, sous le porche. Reprenez votre souffle. Là-bas, au fond de la cour pavée, se trouve le saint des saints. Maintenant il faut faire bonne figure. Donnez vous un air de vieux gynécologue et d'un geste tranquille poussez la porte vitrée de la galerie.

Molinier ? C'est par là vous indique un moustachu entouré de jeunes femmes affairées à renseigner des collectionneurs fortunés. Derrière un lourd rideau de velours, une vidéo raconte quelque chose à trois formes sombres posées sur des poufs. Peut-être se carressent-elles. On ne voit pas bien. Votre ombre chinoise traverse l'écran. Personne ne proteste. A l'autre bout de la pièce, la clarté d'une porte puis celle d'une grande salle blanche. C'est là, vous y êtes.

Quelques visiteurs, visiblement ravis, se délectent de petits rectangles gris élégamment encadrés. Dans une vitrine, de vieux appareils photos, des masques de femmes et quelques godemichés que le maître utilisa jadis pour fabriquer ses images.

Étourdi par tant de féminité, vous songez à quitter les lieux. Pas avant d'avoir visité la cave vous arrête le moustachu. En bas c'est le lupanar ! Et si vous avez peur, appelez au secours. Aucun danger, un lupanar est bien le dernier endroit où vous auriez peur. D'ailleurs il n'y pas de quoi. Dans une petite pièce voutée, vous découvrez un cabinet de curiosités joli comme une maison de poupées où croupiraient des fantômes. C'est la reconstitution de l'atelier de Molinier.

Ce sont des photomontages inédits de Pierre Molinier et vous n'avez plus que 4 jours pour les voir.




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Pierre Molinier
Collages et photomontages
Galerie Kamel Mennour
47 rue Saint André des Arts - Paris 6e
Jusqu'au 6 mars

http://www.kamelmennour.fr/

23 février 2010

Chomo avant la fermeture


L'exposition fermant ses portes le 7 mars, il est temps que je vous dise un mot de l'exposition Chomo que l'on peut actuellement voir à la Halle Saint Pierre. Ça s'appelle "Le débarquement spirituel" du nom, apprend-on sur le feuillet remis au visiteurs, du film que Chomo a tourné lui-même sur son oeuvre. Puisqu'on parle du feuillet, remarquons cette désolante habitude qu'ont pris certains critiques de confondre name dropping et arguments. Et c'est vrai qu'une fois que l'honorable commissaire de l'exposition a écrit que les oeuvres de Chomo avaient été admirées par André Breton, Dali et les derniers surréalistes, Cocteau, Anaïs Nin, Picasso, Jacques Attali (sic!!) ou Jarvis Cocker (damned !), on est pas tenté de le contredire. J'ai compté en tout 33 personnalités citées ! L'idée doit être : je ne suis pas le seul à dire ce que je dis, plein de génies pensent la même chose que moi, c'est dire si ce que je dis est indiscutable. Franchement, je ne suis pas sûr que Chomo aurait trouvé formidable qu'on mesure l'intérêt de son oeuvre ainsi.

Chomo a vécu sa vue d'artiste en ermite, reclus volontaire dans un coin de la forêt de Fontainebleau, au milieu de bicoques et d'oeuvres d'art qu'il avait fabriqués lui-même et qu'il appelait le Village d'Art Préludien. Sans argent, sans rien, complètement en marge de la société. Bien qu'il ait expérimenté dans tous les domaines (arts plastiques, musique, poésie, etc.), il me semble que ce sont ses sculptures qui sont les plus frappantes. Dégouté de la société de consommation, il a beaucoup recyclé et redonné inlassablement vie aux déchets qu'il récupérait. Des assemblages de bouts de bois brûlés, du grillage et des bouteilles en plastique fondues avec lesquelles il formait d'étranges visages, moitié africains moitié martiens. Même présentées hors de leur milieu "naturel", le Village d'Art Préludien, elles restent fascinantes. Une sorte de trait d'union entre l'art brut et le Nouveau Réalisme, sachant que Chomo se fichait tout autant de l'un que de l'autre. Jean Tinguely construisait à quelques kilomètres de chez lui son monumental Cyclop. L'a-t-il seulement vu ? Qu'en pensait-il ?

Ne ratez pas la vidéo à l'entrée de l'exposition. Perdu au milieu de son incroyable bric-à-brac, Chomo répond de façon sèche mais inspirée aux questions qu'on veut bien lui poser. C'est à la fois pittoresque et passionnant. Cette vidéo est visible par tranchettes sur Youtube. Ci dessous un petit extrait qui, j'en suis certain, éveillera votre curiosité et vous incitera à trouver un moment pour aller découvrir, d'ici le 7 mars, l'oeuvre de cet l'extraordinaire artiste (au sens littéral : hors de l'ordinaire).




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Chomo - Le débarquement spirituel
Jusqu'au 7 mars
Halle Saint Pierre
2 rue Ronsard - Paris 18e

http://www.hallesaintpierre.org/index.php?page=home
http://chomo.fr/index.html

4 janvier 2010

Tintin chez les bucherons


Je viens de passer une semaine en Savoie, à Crest-Voland. Au menu : ski sous la pluie, ski sous la neige, ski dans le brouillard. A bas la monotonie ! Entre deux glissades, j'ai poussé mes après-ski jusqu'au village qui compte encore quelques vieilles bâtisses, témoins d'un temps où les sports d'hiver n'existaient pas.

Si vous passez devant la ferme dite "Chevallier", vous apercevrez, perchée au premier étage, une mystérieuse assemblée composée de personnages en bois du plus bel effet. A gauche, un garçon en culotte courte et son chien. On dirait Tintin et Milou. Ils semblent observer un groupe d'animaux aux silhouettes indéfinies : chouettes, ours, en fait on ne sait pas trop. Une sorte de rapace survole le tout. C'est sculpté de façon très brute et les intempéries ont commencé à défigurer les pauvres bêtes. Je ne sais pas quand ont été réalisées ces sculptures. La première fois que je les ai vues, c'était en 2006.

De l'art populaire au pays des télésièges. Tout n'est pas perdu. Bienvenue en 2010...


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La Vieille Maison
Le Crest
73590 Crest Voland

2 novembre 2009

Comment j'ai retrouvé certains tableaux de Raymond Roussel

Je referme le Raymond Roussel de François Caradec. A ceux qui ne l'ont pas encore lu, vous pouvez y aller, c'est indépassable ! On n'écrira jamais rien de plus précis et de plus documenté sur l'auteur d'Impressions d'Afrique et de Locus Solus.

On y apprend par exemple que Raymond Roussel avouait volontiers "que la peinture l'ennuyait et qu'il n'y connaissait rien". Ses goûts étaient des plus classiques. Il a cependant été amené à acheter des tableaux à quelques uns de ses jeunes admirateurs surréalistes (Masson, Miro et Ernst), tableaux dont on aurait malheureusement perdu la trace : "Que sont-ils devenus ? Ont-ils échoué aux puces ? Leur nouveaux propriétaires connaissent-ils leur origine ? Sont-il encore oubliés dans une caisse au fond d'un garde meuble ?" (page 256).

Le petit internaute de 2009 a un avantage sur l'érudit des années 90 (la bio est parue en 1997), c'est qu'il dispose d'un outil surpuissant de recherche. Mettons-nous donc en quête de ces tableaux perdus.

La bougie allumée - André Masson - 1924
Mars 1924 : Michel Leiris entraîne Raymond Roussel dans l'atelier d'André Masson. "Il achète une nature morte dont il apprécie la "transparence"; c'est en fait un assemblage d'objets éclairés par une bougie allumée en plein jour où les verres (et leur transparence) jouent un grand rôle." (page 257)


On peut voir dans le Catalogue en ligne de la vente Sothebys du 5 novembre 2008, portant le numéro 182, une huile sur toile d'André Masson datant justement de 1924 et que je vous propose de comparer avec la description de Caradec. Si ce n'est pas la toile de Roussel, c'est vraiment sa jumelle ! Notons au passage qu'elle est plutôt d'inspiration cubiste. Décidément, Raymond Roussel n'aurait pas fait un bon surréaliste !
Où se trouve ce tableau aujourd'hui ? Apparemment il n'aurait pas trouvé preneur (estimation 250 à 350.000 $). La provenance indiquée est la Galerie Cazeau-Béraudière à Paris. Il est donc très probablement toujours en France et ses propriétaires semblent tout ignorer de son illustre premier propriétaire.

Le Rossignol Chinois - Max Ernst - 1920



En 1926, galerie Van Leer, rue de Seine : "Un après-midi, alors que Max Ernst est seul dans la galerie, un amateur intrigue le peintre par la curiosité avec laquelle il examine les tableaux exposés; en s'excusant de son indiscrétion, il demande si l'artiste n'emploie pas certains procédés techniques particuliers, et se fait expliquer sa "procédure". Et Roussel, qui prend le peintre pour un employé de la galerie, s'adresse à la secrétaire et achète Le Rossignol Chinois, qui date de 1920. C'est seulement après son départ que Max Ernst apprend le nom de l'acheteur" (page 316). Caradec note que l'on connaît des reproductions de cette oeuvre mais, pour ce qui concerne l'original ayant appartenu à Roussel " il semble en tout cas avoir définitivement disparu."

J'ai retrouvé Le Rossignol Chinois dans les collections du Musée de Grenoble. Ce musée ne serait-il d'ailleurs pas bien inspiré en se portant acquéreur du Masson ? Ainsi les deux œuvres ayant appartenu à Raymond Roussel seraient à nouveau réunies et pourraient être exposées côte à côte.

Perdus de vue

Reste à localiser l'oeuvre de Juan Miro achetée vers 1925 mais là Caradec ne donne aucun indice. Il faudrait se replonger dans les écrits de Leiris. Mais je suis confiant. Pas plus qu'on ne perd un Masson ou un Esnst, on ne jette à la poubelle un Miro.

Et puis Il y a ce tableau, de facture moins avant-gardiste mais tout aussi passionnant, datant probablement de 1926 et signé Henri-Achille Zo. "C'est vraisemblablement à la même époque que Raymond Roussel fait exécuter au peintre Henri Zo une toile signalée par Michel Leiris, dont la moitié représente la "bataille d'Hernani" et l'autre la salle du Vaudeville lors de la première de l'Etoile au Front; sur une plaque de cuivre, en bas du cadre, est gravée la réplique de Robert Desnos : "Nous sommes la claque et vous êtes la joue." Qu'est devenu ce tableau que Leiris disait avoir vu à Neuilly ?" (page 283).

Au moins, la description est précise. Je n'ai rien vu y ressemblant sur Internet. L'enquête s'annonce difficile. La toile ci-dessous vous donnera une idée du style d'Henri Zo. Ce sont les Folies Bergère et c'était il y a encore peu à vendre à la Papillon Galery de New York.


Roussel retrouvera Henri Zo en 1932. Il lui commandera les 59 illustrations des Nouvelles impressions d'Afrique. Caradec évoque une chemise dans laquelle ces dessins à l'encre de chine sont réunis mais sans préciser où elle est conservée (page 365). Rien à la Bnf. Mais peut-être ai-je mal cherché ou bien ces dessins sont-ils mal référencés.

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Raymond Roussel
par François Caradec
Editions Fayard 1997

11 octobre 2009

Malraux en Haïti, vaudou à Paris

Pas à dire, le Musée du Montparnasse ne paye pas de mine. Pour vous y rendre, il vous faudra quitter l'avenue du Maine juste avant qu'elle ne devienne cet épouvantable tunnel troué sous la dalle Montparnasse et vous engager dans une paisible impasse verdoyante qu'on devine colonisée par les bobos. Soudain des pavés, de la vigne vierge, des moineaux qui gazouillent et bientôt une créole en tôle qui vous signale la petite porte du musée. C'est là que, jusqu'au 19 novembre, se tient l'exposition "Le dernier voyage d'André Malraux en Haïti - La découverte de l'art Vaudou".

Je ne pense pas exagérer en disant que Haïti est à la peinture ce que sa voisine la Jamaïque est à la musique. Un miracle. Ce petit bout de Caraïbe a enfanté des dizaines d'artistes merveilleux : des naïfs et des visionnaires, des faiseurs et des bruts, des peintres et des sculpteurs. Pour des raisons qui m'échappent encore, ces artistes restent peu connus du grand public et sont pour la plupart ignorés du marché de l'art. Même le musée du Quai Branly fait le service minimum. Lorsque je l'ai visité, il y avait une vitrine avec quelques objets de culte vaudou et trois ou quatre tableaux. Rien à voir par exemple avec l'espace consacré à la peinture aborigène.


Comme Haïti ne déplace pas les foules, les commissaires doivent à chaque fois se creuser la tête pour trouver une astuce qui attirera le chaland à leur exposition. Cette fois-ci le prétexte est André Malraux. A juste titre d'ailleurs puisque Malraux est avec André Breton le seul grand intellectuel à avoir défendu la peinture haïtienne en France. En 2000, pour l'exposition Anges et Démons, la Halle Max Fourny avait mis le roi de la FIAC sur l'affiche. Il faut dire que le père de Jean-Michel Basquiat était haïtien (sa mère était portoricaine) et qu'ils avaient trouvé une toile sur laquelle il avait écrit le mot "Haïti". L'intention était louable mais tout ça était un peu tiré par les cheveux.

L'exposition du musée du Montparnasse est sous titrée "la découverte de l'art Vaudou" (bien qu'une bonne partie des oeuvres présentées soient sans rapport avec le Vaudou). On le sait, Haïti est la terre du Vaudou. Il imprègne les mentalités. On le retrouve donc à des doses plus ou moins concentrées dans les productions des artistes locaux. Des loas, des sirènes, des zombies, des hougans et, mon préféré entre tous, le baron Samedi qui est une sorte d'Ankou tropical.

Cet aspect de la peinture Haïtienne avait particulièrement frappé Malraux. En 1975, il avait visité la communauté Saint Soleil à 50 kilomètres de Port-aux-Princes. Deux peintres professionnels y avaient établi leur atelier et avaient eu l'idée de faire peindre des paysans de la région. Ils avaient mis à leur disposition du matériel mais ne leur avaient prodigué aucun conseil. Ces paysans ne connaissaient que la vie des campagnes et le vaudou. C'est ce qu'ils peignirent. Le résultat stupéfia à ce point Malraux qu'il parla de "l'expérience la plus saisissante et la seule contrôlable de la peinture magique du XXe siècle". Certains de ces paysans sont devenus des peintres reconnus et, assez logiquement, on en retrouve quelques uns au Musée Montparnasse comme Prospère Pierre-Louis (dont une peinture de 1974 est exposée), Dieuseul Paul (photo ci-dessous) ou Louisianne Saint-Fleurant.


Un mot pour finir sur deux peintres exposés que j'aime particulièrement. L'accrochage ne comprend qu'une seule toile du vétéran Préfète Duffaut (né en 1923). C'est bien dommage car ses cités imaginaires sont vraiment incroyables. Vous pouvez en voir quelques exemples sur le site du centre d'art Espace Loas (et même en acheter une). Avec Frantz Zéphirin (né en 1963) la relève est là. Il expose une immense toile pour ainsi dire psychédélique. Je ne l'ai pas prise en photo mais vous pouvez la voir sur le blog Le Poignard Subtil.


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Le dernier voyage d'André Malraux en Haïti
Musée du Montparnasse
21 avenue du Maine - Paris 15e
Jusqu'au 19 novembre

30 septembre 2009

Les voyages extraordinaires de Pierre Keime



J'ai découvert ce week end un artiste pas du tout ordinaire. Comme chaque année, les artistes du 15e arrondissement ouvraient les portes de leurs ateliers au public. Quelques stands avaient été aménagés à l'entrée du parc Georges Brassens. On ne pouvait pas rater celui de Pierre Keime. En tout cas, moi, je ne l'ai pas manqué.

Des dizaines de dessins étaient exposés sur de grands panneaux en carton. Ou plutôt des photocopies de dessins car Pierre Keime conserve précieusement les originaux à son domicile qui est selon ses propres mots un vrai musée.

Pour la plupart, ces dessins font partie de séries qui racontent de grandes épopées tout droit sorties de son imagination. Ici des conquistadores en train d'en découdre avec des indiens. Là des guerriers arabes livrant bataille à de féroces mongols. Dans un registre plus léger, pas mal d'amazones chevauchant nues des licornes. Quand elles ne sont pas elles-mêmes flagellées, elles tyrannisent de pauvres mâles ou bien prennent du bon temps sur des plages de sable fin.

Nous avons un peu discuté. Pierre Keime se voit comme une sorte de médium qui rapporterait de mondes parallèles ces visions fantasmatiques. Il est très inspiré par ses rêves. Il en fait d'ailleurs des prémonitoires. Il est aussi sculpteur. Il m'a montré de petits aztèques en cire sculptés avec beaucoup d'habileté. Il me semble que nous avons affaire à un artiste véritablement singulier qui devrait intéresser autant les amateurs d'art brut que ceux de bandes dessinées hors normes. Ses épopées silencieuses feraient certainement de très beaux livres.




Pour rencontrer Pierre Keime, il suffira de vous rendre aux journées Georges Brassens qui se tiendront les 10 et 11 octobre toujours au parc Georges Brassens. Pour l'occasion, il a réalisé un album de dessins basés sur les chansons du grand Georges. C'est son deuxième. Il en avait édité un premier il y a bien longtemps, en 1984, à compte d'auteur qui s'appelait Essai. C'était une BD. C'est pourquoi il est mentionné dans le BDM ce dont il est très fier bien qu'il redoute qu'on l'en retire un jour ou l'autre. Son stock étant loin d'être écoulé, il le propose encore à qui en veut pour quelques euros.

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Pierre Keime
Artiste Libre Sculpteur
aux journées Georges Brassens
Parc Georges Brassens - Paris 15e
Les 10 et 11 octobre 2009