23 février 2010

Chomo avant la fermeture


L'exposition fermant ses portes le 7 mars, il est temps que je vous dise un mot de l'exposition Chomo que l'on peut actuellement voir à la Halle Saint Pierre. Ça s'appelle "Le débarquement spirituel" du nom, apprend-on sur le feuillet remis au visiteurs, du film que Chomo a tourné lui-même sur son oeuvre. Puisqu'on parle du feuillet, remarquons cette désolante habitude qu'ont pris certains critiques de confondre name dropping et arguments. Et c'est vrai qu'une fois que l'honorable commissaire de l'exposition a écrit que les oeuvres de Chomo avaient été admirées par André Breton, Dali et les derniers surréalistes, Cocteau, Anaïs Nin, Picasso, Jacques Attali (sic!!) ou Jarvis Cocker (damned !), on est pas tenté de le contredire. J'ai compté en tout 33 personnalités citées ! L'idée doit être : je ne suis pas le seul à dire ce que je dis, plein de génies pensent la même chose que moi, c'est dire si ce que je dis est indiscutable. Franchement, je ne suis pas sûr que Chomo aurait trouvé formidable qu'on mesure l'intérêt de son oeuvre ainsi.

Chomo a vécu sa vue d'artiste en ermite, reclus volontaire dans un coin de la forêt de Fontainebleau, au milieu de bicoques et d'oeuvres d'art qu'il avait fabriqués lui-même et qu'il appelait le Village d'Art Préludien. Sans argent, sans rien, complètement en marge de la société. Bien qu'il ait expérimenté dans tous les domaines (arts plastiques, musique, poésie, etc.), il me semble que ce sont ses sculptures qui sont les plus frappantes. Dégouté de la société de consommation, il a beaucoup recyclé et redonné inlassablement vie aux déchets qu'il récupérait. Des assemblages de bouts de bois brûlés, du grillage et des bouteilles en plastique fondues avec lesquelles il formait d'étranges visages, moitié africains moitié martiens. Même présentées hors de leur milieu "naturel", le Village d'Art Préludien, elles restent fascinantes. Une sorte de trait d'union entre l'art brut et le Nouveau Réalisme, sachant que Chomo se fichait tout autant de l'un que de l'autre. Jean Tinguely construisait à quelques kilomètres de chez lui son monumental Cyclop. L'a-t-il seulement vu ? Qu'en pensait-il ?

Ne ratez pas la vidéo à l'entrée de l'exposition. Perdu au milieu de son incroyable bric-à-brac, Chomo répond de façon sèche mais inspirée aux questions qu'on veut bien lui poser. C'est à la fois pittoresque et passionnant. Cette vidéo est visible par tranchettes sur Youtube. Ci dessous un petit extrait qui, j'en suis certain, éveillera votre curiosité et vous incitera à trouver un moment pour aller découvrir, d'ici le 7 mars, l'oeuvre de cet l'extraordinaire artiste (au sens littéral : hors de l'ordinaire).




*****
Chomo - Le débarquement spirituel
Jusqu'au 7 mars
Halle Saint Pierre
2 rue Ronsard - Paris 18e

http://www.hallesaintpierre.org/index.php?page=home
http://chomo.fr/index.html

4 janvier 2010

Tintin chez les bucherons


Je viens de passer une semaine en Savoie, à Crest-Voland. Au menu : ski sous la pluie, ski sous la neige, ski dans le brouillard. A bas la monotonie ! Entre deux glissades, j'ai poussé mes après-ski jusqu'au village qui compte encore quelques vieilles bâtisses, témoins d'un temps où les sports d'hiver n'existaient pas.

Si vous passez devant la ferme dite "Chevallier", vous apercevrez, perchée au premier étage, une mystérieuse assemblée composée de personnages en bois du plus bel effet. A gauche, un garçon en culotte courte et son chien. On dirait Tintin et Milou. Ils semblent observer un groupe d'animaux aux silhouettes indéfinies : chouettes, ours, en fait on ne sait pas trop. Une sorte de rapace survole le tout. C'est sculpté de façon très brute et les intempéries ont commencé à défigurer les pauvres bêtes. Je ne sais pas quand ont été réalisées ces sculptures. La première fois que je les ai vues, c'était en 2006.

De l'art populaire au pays des télésièges. Tout n'est pas perdu. Bienvenue en 2010...


****
La Vieille Maison
Le Crest
73590 Crest Voland

2 novembre 2009

Comment j'ai retrouvé certains tableaux de Raymond Roussel

Je referme le Raymond Roussel de François Caradec. A ceux qui ne l'ont pas encore lu, vous pouvez y aller, c'est indépassable ! On n'écrira jamais rien de plus précis et de plus documenté sur l'auteur d'Impressions d'Afrique et de Locus Solus.

On y apprend par exemple que Raymond Roussel avouait volontiers "que la peinture l'ennuyait et qu'il n'y connaissait rien". Ses goûts étaient des plus classiques. Il a cependant été amené à acheter des tableaux à quelques uns de ses jeunes admirateurs surréalistes (Masson, Miro et Ernst), tableaux dont on aurait malheureusement perdu la trace : "Que sont-ils devenus ? Ont-ils échoué aux puces ? Leur nouveaux propriétaires connaissent-ils leur origine ? Sont-il encore oubliés dans une caisse au fond d'un garde meuble ?" (page 256).

Le petit internaute de 2009 a un avantage sur l'érudit des années 90 (la bio est parue en 1997), c'est qu'il dispose d'un outil surpuissant de recherche. Mettons-nous donc en quête de ces tableaux perdus.

La bougie allumée - André Masson - 1924
Mars 1924 : Michel Leiris entraîne Raymond Roussel dans l'atelier d'André Masson. "Il achète une nature morte dont il apprécie la "transparence"; c'est en fait un assemblage d'objets éclairés par une bougie allumée en plein jour où les verres (et leur transparence) jouent un grand rôle." (page 257)


On peut voir dans le Catalogue en ligne de la vente Sothebys du 5 novembre 2008, portant le numéro 182, une huile sur toile d'André Masson datant justement de 1924 et que je vous propose de comparer avec la description de Caradec. Si ce n'est pas la toile de Roussel, c'est vraiment sa jumelle ! Notons au passage qu'elle est plutôt d'inspiration cubiste. Décidément, Raymond Roussel n'aurait pas fait un bon surréaliste !
Où se trouve ce tableau aujourd'hui ? Apparemment il n'aurait pas trouvé preneur (estimation 250 à 350.000 $). La provenance indiquée est la Galerie Cazeau-Béraudière à Paris. Il est donc très probablement toujours en France et ses propriétaires semblent tout ignorer de son illustre premier propriétaire.

Le Rossignol Chinois - Max Ernst - 1920



En 1926, galerie Van Leer, rue de Seine : "Un après-midi, alors que Max Ernst est seul dans la galerie, un amateur intrigue le peintre par la curiosité avec laquelle il examine les tableaux exposés; en s'excusant de son indiscrétion, il demande si l'artiste n'emploie pas certains procédés techniques particuliers, et se fait expliquer sa "procédure". Et Roussel, qui prend le peintre pour un employé de la galerie, s'adresse à la secrétaire et achète Le Rossignol Chinois, qui date de 1920. C'est seulement après son départ que Max Ernst apprend le nom de l'acheteur" (page 316). Caradec note que l'on connaît des reproductions de cette oeuvre mais, pour ce qui concerne l'original ayant appartenu à Roussel " il semble en tout cas avoir définitivement disparu."

J'ai retrouvé Le Rossignol Chinois dans les collections du Musée de Grenoble. Ce musée ne serait-il d'ailleurs pas bien inspiré en se portant acquéreur du Masson ? Ainsi les deux œuvres ayant appartenu à Raymond Roussel seraient à nouveau réunies et pourraient être exposées côte à côte.

Perdus de vue

Reste à localiser l'oeuvre de Juan Miro achetée vers 1925 mais là Caradec ne donne aucun indice. Il faudrait se replonger dans les écrits de Leiris. Mais je suis confiant. Pas plus qu'on ne perd un Masson ou un Esnst, on ne jette à la poubelle un Miro.

Et puis Il y a ce tableau, de facture moins avant-gardiste mais tout aussi passionnant, datant probablement de 1926 et signé Henri-Achille Zo. "C'est vraisemblablement à la même époque que Raymond Roussel fait exécuter au peintre Henri Zo une toile signalée par Michel Leiris, dont la moitié représente la "bataille d'Hernani" et l'autre la salle du Vaudeville lors de la première de l'Etoile au Front; sur une plaque de cuivre, en bas du cadre, est gravée la réplique de Robert Desnos : "Nous sommes la claque et vous êtes la joue." Qu'est devenu ce tableau que Leiris disait avoir vu à Neuilly ?" (page 283).

Au moins, la description est précise. Je n'ai rien vu y ressemblant sur Internet. L'enquête s'annonce difficile. La toile ci-dessous vous donnera une idée du style d'Henri Zo. Ce sont les Folies Bergère et c'était il y a encore peu à vendre à la Papillon Galery de New York.


Roussel retrouvera Henri Zo en 1932. Il lui commandera les 59 illustrations des Nouvelles impressions d'Afrique. Caradec évoque une chemise dans laquelle ces dessins à l'encre de chine sont réunis mais sans préciser où elle est conservée (page 365). Rien à la Bnf. Mais peut-être ai-je mal cherché ou bien ces dessins sont-ils mal référencés.

*****
Raymond Roussel
par François Caradec
Editions Fayard 1997

11 octobre 2009

Malraux en Haïti, vaudou à Paris

Pas à dire, le Musée du Montparnasse ne paye pas de mine. Pour vous y rendre, il vous faudra quitter l'avenue du Maine juste avant qu'elle ne devienne cet épouvantable tunnel troué sous la dalle Montparnasse et vous engager dans une paisible impasse verdoyante qu'on devine colonisée par les bobos. Soudain des pavés, de la vigne vierge, des moineaux qui gazouillent et bientôt une créole en tôle qui vous signale la petite porte du musée. C'est là que, jusqu'au 19 novembre, se tient l'exposition "Le dernier voyage d'André Malraux en Haïti - La découverte de l'art Vaudou".

Je ne pense pas exagérer en disant que Haïti est à la peinture ce que sa voisine la Jamaïque est à la musique. Un miracle. Ce petit bout de Caraïbe a enfanté des dizaines d'artistes merveilleux : des naïfs et des visionnaires, des faiseurs et des bruts, des peintres et des sculpteurs. Pour des raisons qui m'échappent encore, ces artistes restent peu connus du grand public et sont pour la plupart ignorés du marché de l'art. Même le musée du Quai Branly fait le service minimum. Lorsque je l'ai visité, il y avait une vitrine avec quelques objets de culte vaudou et trois ou quatre tableaux. Rien à voir par exemple avec l'espace consacré à la peinture aborigène.


Comme Haïti ne déplace pas les foules, les commissaires doivent à chaque fois se creuser la tête pour trouver une astuce qui attirera le chaland à leur exposition. Cette fois-ci le prétexte est André Malraux. A juste titre d'ailleurs puisque Malraux est avec André Breton le seul grand intellectuel à avoir défendu la peinture haïtienne en France. En 2000, pour l'exposition Anges et Démons, la Halle Max Fourny avait mis le roi de la FIAC sur l'affiche. Il faut dire que le père de Jean-Michel Basquiat était haïtien (sa mère était portoricaine) et qu'ils avaient trouvé une toile sur laquelle il avait écrit le mot "Haïti". L'intention était louable mais tout ça était un peu tiré par les cheveux.

L'exposition du musée du Montparnasse est sous titrée "la découverte de l'art Vaudou" (bien qu'une bonne partie des oeuvres présentées soient sans rapport avec le Vaudou). On le sait, Haïti est la terre du Vaudou. Il imprègne les mentalités. On le retrouve donc à des doses plus ou moins concentrées dans les productions des artistes locaux. Des loas, des sirènes, des zombies, des hougans et, mon préféré entre tous, le baron Samedi qui est une sorte d'Ankou tropical.

Cet aspect de la peinture Haïtienne avait particulièrement frappé Malraux. En 1975, il avait visité la communauté Saint Soleil à 50 kilomètres de Port-aux-Princes. Deux peintres professionnels y avaient établi leur atelier et avaient eu l'idée de faire peindre des paysans de la région. Ils avaient mis à leur disposition du matériel mais ne leur avaient prodigué aucun conseil. Ces paysans ne connaissaient que la vie des campagnes et le vaudou. C'est ce qu'ils peignirent. Le résultat stupéfia à ce point Malraux qu'il parla de "l'expérience la plus saisissante et la seule contrôlable de la peinture magique du XXe siècle". Certains de ces paysans sont devenus des peintres reconnus et, assez logiquement, on en retrouve quelques uns au Musée Montparnasse comme Prospère Pierre-Louis (dont une peinture de 1974 est exposée), Dieuseul Paul (photo ci-dessous) ou Louisianne Saint-Fleurant.


Un mot pour finir sur deux peintres exposés que j'aime particulièrement. L'accrochage ne comprend qu'une seule toile du vétéran Préfète Duffaut (né en 1923). C'est bien dommage car ses cités imaginaires sont vraiment incroyables. Vous pouvez en voir quelques exemples sur le site du centre d'art Espace Loas (et même en acheter une). Avec Frantz Zéphirin (né en 1963) la relève est là. Il expose une immense toile pour ainsi dire psychédélique. Je ne l'ai pas prise en photo mais vous pouvez la voir sur le blog Le Poignard Subtil.


*****
Le dernier voyage d'André Malraux en Haïti
Musée du Montparnasse
21 avenue du Maine - Paris 15e
Jusqu'au 19 novembre

30 septembre 2009

Les voyages extraordinaires de Pierre Keime



J'ai découvert ce week end un artiste pas du tout ordinaire. Comme chaque année, les artistes du 15e arrondissement ouvraient les portes de leurs ateliers au public. Quelques stands avaient été aménagés à l'entrée du parc Georges Brassens. On ne pouvait pas rater celui de Pierre Keime. En tout cas, moi, je ne l'ai pas manqué.

Des dizaines de dessins étaient exposés sur de grands panneaux en carton. Ou plutôt des photocopies de dessins car Pierre Keime conserve précieusement les originaux à son domicile qui est selon ses propres mots un vrai musée.

Pour la plupart, ces dessins font partie de séries qui racontent de grandes épopées tout droit sorties de son imagination. Ici des conquistadores en train d'en découdre avec des indiens. Là des guerriers arabes livrant bataille à de féroces mongols. Dans un registre plus léger, pas mal d'amazones chevauchant nues des licornes. Quand elles ne sont pas elles-mêmes flagellées, elles tyrannisent de pauvres mâles ou bien prennent du bon temps sur des plages de sable fin.

Nous avons un peu discuté. Pierre Keime se voit comme une sorte de médium qui rapporterait de mondes parallèles ces visions fantasmatiques. Il est très inspiré par ses rêves. Il en fait d'ailleurs des prémonitoires. Il est aussi sculpteur. Il m'a montré de petits aztèques en cire sculptés avec beaucoup d'habileté. Il me semble que nous avons affaire à un artiste véritablement singulier qui devrait intéresser autant les amateurs d'art brut que ceux de bandes dessinées hors normes. Ses épopées silencieuses feraient certainement de très beaux livres.




Pour rencontrer Pierre Keime, il suffira de vous rendre aux journées Georges Brassens qui se tiendront les 10 et 11 octobre toujours au parc Georges Brassens. Pour l'occasion, il a réalisé un album de dessins basés sur les chansons du grand Georges. C'est son deuxième. Il en avait édité un premier il y a bien longtemps, en 1984, à compte d'auteur qui s'appelait Essai. C'était une BD. C'est pourquoi il est mentionné dans le BDM ce dont il est très fier bien qu'il redoute qu'on l'en retire un jour ou l'autre. Son stock étant loin d'être écoulé, il le propose encore à qui en veut pour quelques euros.

****

Pierre Keime
Artiste Libre Sculpteur
aux journées Georges Brassens
Parc Georges Brassens - Paris 15e
Les 10 et 11 octobre 2009

21 septembre 2009

Can I go to Ceret ? - Pascal Comelade

Jusqu'au 31 octobre on peut visiter au musée d'art moderne de Ceret (Roussillon) l'exposition "Ceret, un siècle de paysages sublimés". Ceret a longtemps été à la peinture ce que Johnny B Good est au rock, un standard. Ses toits, son pont, le Canigou (mais assez peu ses habitants) ont été croqués par une flopée de kadors de la palette. L'exposition réunit quelques dizaines de ces toiles, l'ensemble composant un ensemble assez impressionnant. Dans le désordre : Soutine, Kisling, Duffy, Juan Gris, Picasso, Braque, Max Jacob, Masson et bien d'autres plus ou moins connus du grand public.

Comme souvent dans ce genre de rétrospective, la gêne commence à s'installer quand les commissaires, voulant sans doute démontrer que le miracle continue, décident d'exposer à la suite des génies sus cités les monumentales productions d'artistes contemporains de seconde division. C'est extrêmement bizarre : notre époque ne manque pas d'artistes passionnants. J'ai encore pu le vérifier pas plus tard que la semaine dernière à la galerie Art Factory où étaient exposés les dessins de l'énigmatique Ludovic Debeurme. Mais assez curieusement, ces artistes sont rarement ceux qu'on voit dans les musées d'art contemporain.


Je commençais à m'ennuyer un peu lorsque, au détour d'un couloir, alors que je pensais que l'expo était terminée, je tombe sur une silhouette du mont Canigou aux flancs couverts de textes. Un tableau lettriste ? Isidore Isou passait aussi ses vacances à Céret ? Coup d'oeil sur l'étiquette : ça s'appelle Can I go to Canigo ? et c'est une oeuvre du fameux musicien Pascal Comelade !!! Pascal Comelade au pinceau ? Lui d'habitude si peu bavard dans sa musique (quasiment que des instrumentaux), le voici contant par le détail quelques hauts faits survenus dans son village, Vernet les Bains, et dans ses environs : l'accident tragique de Maillol, la visite de Dali, la première ascension cycliste du Canigou ou encore l'affaire du chameau offert au casino par le pacha du Caire. Un peu peinture (le Canigou), de longs textes griffonnés en catalan et pas mal d'objets et d'images collés ici et là. Il doit s'agir d'un accrochage de dernière minute car Pascal Comelade n'est cité ni dans le catalogue ni dans même sur le site internet du Musée.

N'écoutant que mon courage j'ai bravé tous les interdits et pris pour vous quelques photos. En moins de deux, j'avais un gardien sur le dos exigeant que je les écrase. Comme vous le constatez, j'ai quand même réussi à en sauver une ou deux. J'ai donc filé comme un voleur sans demander mon reste. A peine sorti dans la rue, je suis tombé sur Pascal Comelade, en chair et en os, attablé à la terrasse du bistro jouxtant le musée. Le genre de coïncidence troublante dont Jonathan Coe tirerait 600 pages et un best seller.

Décidément Pascal Comelade est en train de devenir l'inconnu qu'on voit partout. Sa collection d'instruments jouets est en ce moment même exposée au Musée des arts décoratifs (j'en ai parlé sur ce blog il y a quelques semaines). On annonce pour les jours qui viennent un nouvel album et, les 15 et 16 octobre prochains, il jouera au Centre Pompidou.

Autant dire qu'on a pas fini d'en parler.


****

Céret, un siècle de paysages sublimés
Musée d'art moderne de Céret
Jusqu'au 31 octobre 2009
http://www.musee-ceret.com/

16 septembre 2009

El Bicho Raro - Les Shadocks en Espagne

Saviez-vous qu'il existait à Valence un restaurant à la gloire des Shadocks ? Ça s'appelle El Bicho Raro ce que je crois pouvoir traduire par La Bête Rare (ou peut être L'Oiseau Rare ce qui au fond serait plus logique). J'aime beaucoup les Shadocks. Ces bestioles stupides sont de magnifiques inventions pataphysiques. Je me suis toujours demandé comment Jacques Rouxel, leur créateur, avait fait pour vendre un projet aussi farfelu à l'ORTF. Comme quoi il ne faut jamais partir perdant.

Dès son lancement en 1968, le succès de ces petits films d'animation a été immense. Il faut dire que les Shadocks symbolisaient à merveille tout ce avec quoi on voulait en finir à l'époque. La mesquinerie, les usines à gaz, le travail à la chaîne... Les ennemis des Shadocks, les Gibis, ne valaient pas tellement mieux mais, comme leur nom l'indique, ils avaient un petit côté britannique qui, en pleine beatlemania, les rendaient plus sympathiques.

Mais revenons au Bicho Raro. Quand je suis passé devant au mois d'août, il était fermé. Ce qui m'a permis d'admirer, sur le rideau métallique, un superbe Shadock en haut de forme. Au dessus de la porte d'entrée, des carreaux sur lesquels ont été peints plein de jolis petits Shadocks. Je ne prends aucun risque en disant que les tenanciers manifestent ainsi une francophilie des plus pointues. Ce qui est bien la moindre des choses puisque le Bicho Raro est un restaurant (bistro !) français. Sur le city blog Hola Valencia, on peut voir des photos des plats servis. Ça n'a pas l'air mauvais. Il faudrait que quelqu'un teste et nous dise.


****
El Bicho Raro
Calle Conde de Montornes 9
46003 Valencia
Tel : 96 392 49 20